Après 70 ans, l’absorption de certains nutriments baisse naturellement, même avec une alimentation variée. Le métabolisme ralentit, les besoins évoluent, mais les apports recommandés ne diminuent pas toujours à la même vitesse.
Des carences silencieuses s’installent parfois, affectant la vitalité ou l’immunité. La vitamine D, le fer, le magnésium et la vitamine C figurent parmi les plus concernés. Des solutions concrètes existent, simples à intégrer au quotidien, pour limiter ces déficits et préserver la qualité de vie.
Pourquoi les besoins en vitamines et minéraux évoluent après 70 ans
Atteindre 70 ans, c’est franchir une étape où le corps ne suit plus tout à fait la même partition qu’à 40 ou 50 ans. Les mécanismes d’absorption des nutriments perdent en efficacité, même si l’assiette reste équilibrée. La masse musculaire décroît, la digestion ralentit, la peau synthétise moins bien la vitamine D dès que le soleil se fait plus timide. Les vitamines et minéraux, eux, ne cessent d’être nécessaires, mais leur assimilation devient plus aléatoire.
La vitamine D, par exemple, voit son taux baisser simplement parce que la peau « capte » moins bien les UV. Le calcium, pilier de l’ossature, passe moins la barrière intestinale. Et la vitamine B12 ? Son extraction demande une acidité gastrique que l’estomac produit de moins en moins en vieillissant. Même les apports en vitamine C, B9, E ou K peuvent finir par manquer, à force d’appétit en berne ou de repas moins variés.
Facteurs influençant les besoins nutritionnels chez la personne âgée
Plusieurs causes expliquent pourquoi le corps réclame une attention accrue aux apports en micronutriments après 70 ans :
- La masse maigre diminue tandis que la masse grasse augmente, altérant la répartition des nutriments.
- L’appétit baisse, les repas s’allègent et l’apport en protéines suit la même pente descendante.
- La flore intestinale se transforme avec l’âge, ce qui réduit l’efficacité d’absorption de vitamines spécifiques pour seniors.
- Certains traitements, parfois nécessaires au quotidien, interfèrent directement avec le métabolisme des vitamines et minéraux.
À cela s’ajoute un affaiblissement progressif des défenses immunitaires. Les infections deviennent plus fréquentes, la récupération prend plus de temps. Miser sur la prévention nutritionnelle devient alors un levier réel pour préserver la santé et éviter de glisser vers des carences en vitamines qui passent souvent inaperçues.
Carences fréquentes chez les seniors : fer, magnésium, vitamine C… comment les repérer ?
Chez les seniors, les carences se font discrètes. La fatigue s’installe, l’appétit vacille, les muscles fondent doucement. Une carence en fer, par exemple, ne s’accompagne pas toujours de signaux tapageurs : on remarque une pâleur, un souffle court à l’effort, une propension à « attraper tout ce qui passe ». Des signes qui ressemblent bien trop souvent à un simple vieillissement.
Le magnésium, lui, se fait sentir différemment : crampes nocturnes, nervosité nouvelle, sommeil agité. La vitamine C, incontournable pour l’immunité et la cicatrisation, manque ? Les infections deviennent plus fréquentes et la guérison prend du retard.
Quant aux vitamines B12 et B9, leur déficit peut peser sur la mémoire, provoquer des engourdissements ou déstabiliser l’équilibre. Si la vitamine D et le calcium viennent à manquer, le squelette perd de sa densité, les fractures guettent à la moindre chute.
| Carence | Signes d’alerte |
|---|---|
| Fer | Fatigue, essoufflement, teint pâle |
| Magnésium | Crampes, tremblements, troubles du sommeil |
| Vitamine C | Fatigabilité, infections à répétition, retard de cicatrisation |
Face à ces signes, un simple bilan sanguin cible rapidement le ou les nutriments en défaut. Adapter ensuite l’alimentation et, si besoin, le suivi médical, permet de corriger le tir avant que les conséquences ne s’installent durablement.
Des solutions concrètes pour retrouver l’équilibre nutritionnel au quotidien
Pour les seniors, la première clé se trouve dans l’assiette. L’objectif ? Miser sur la variété et la densité nutritionnelle pour couvrir tous les besoins. Un apport suffisant en protéines préserve la masse musculaire, tandis que fruits et légumes frais garantissent une arrivée régulière de vitamine C, K et de précieux antioxydants. Les produits laitiers, eux, assurent le calcium et la vitamine D, deux piliers pour la solidité osseuse.
Quand l’appétit fléchit ou que mâcher devient pénible, fractionner les repas ou adapter les textures s’impose. Pour enrichir l’apport en vitamines B (B9, B12) et en zinc, œufs, poissons gras, viandes maigres et légumineuses trouvent toute leur place à table.
Le soleil reste un allié pour la vitamine D, mais son effet s’émousse avec l’âge. Si l’alimentation ne suffit plus, des compléments alimentaires existent, à condition qu’un professionnel de santé les valide et en assure le suivi. Les situations de maladie chronique ou d’isolement social exposent davantage à la dénutrition ou aux carences avérées.
Voici quelques axes simples à mettre en œuvre pour soutenir l’équilibre nutritionnel :
- Optez pour une alimentation équilibrée, adaptée à vos besoins et à vos goûts.
- Intégrez une activité physique adaptée, même légère, pour stimuler l’immunité et préserver la mobilité.
- Consultez un médecin ou un diététicien en cas de doute, afin d’ajuster l’alimentation ou d’envisager un complément si nécessaire.
Adopter de bonnes habitudes alimentaires : conseils pratiques et astuces faciles à mettre en place
Structurer l’assiette sans complexité
Inutile de chercher la sophistication, la régularité prime. À chaque repas, veillez à réunir fruits, légumes, protéines et céréales complètes. Trois portions de légumes et deux de fruits par jour posent une base solide en antioxydants et micronutriments. Les protéines, qu’elles soient animales ou végétales, soutiennent la masse musculaire et les défenses immunitaires. Alterner entre œufs, poissons, volailles, légumineuses et fromages frais permet de varier les plaisirs et d’éviter la routine.
Hydratation et rythme des repas
Avec l’âge, la soif se fait plus discrète. Il faut donc penser à boire régulièrement, sans attendre le signal du corps. L’eau, les tisanes non sucrées ou les potages contribuent à limiter la déshydratation, qui fragilise tant la mémoire que l’équilibre.
Quelques réflexes simples peuvent aider :
- Privilégiez plusieurs petits repas si la satiété arrive vite, pour apporter suffisamment d’énergie dans la journée.
- Glissez une poignée de fruits secs ou quelques oléagineux dans la journée : magnésium et vitamine E à la clé.
- Installez une collation en milieu d’après-midi, comme une faisselle, une compote sans sucre ajouté ou une poignée d’amandes.
Adapter l’environnement
Partager le repas, dès que possible, stimule l’appétit et renforce le plaisir de manger. Planifiez les courses, cuisinez à l’avance, variez textures et saveurs pour faciliter la mastication. Prendre soin de sa santé et savourer la table ne sont jamais incompatibles, même passé 70 ans.
Parce qu’à tout âge, une assiette colorée et conviviale reste l’un des secrets les mieux gardés du bien-vieillir.


