Marcher après opération des varices : quand reprendre la marche ?

2,7 millions de Français vivent chaque année une intervention sur leurs varices. Pas de calendrier universel : la reprise de la marche se joue à la carte, selon l’opération subie et la réalité de chaque patient.

Comprendre l’opération des varices : étapes et techniques en toute simplicité

Avant de recommencer à arpenter les trottoirs, il faut comprendre ce qui se passe dans nos jambes. Les varices, ces veines visibles sous la peau, résultent d’une insuffisance veineuse : les valvules veineuses ne parviennent plus à empêcher le sang de refluer. La pression monte, la veine se distend, et, assez vite, surviennent les signes classiques : douleurs, jambes lourdes, œdèmes, parfois ulcères ou ecchymoses.

Pour établir un diagnostic solide, il faut consulter un phlébologue ou un médecin vasculaire. Un écho-doppler veineux permet de cartographier les veines et de cibler précisément celles qui posent problème. Lorsqu’il existe des incertitudes, une phlébographie s’avère utile pour affiner la compréhension de la situation. À chaque fois, la consultation préopératoire ajuste la prise en charge aux particularités individuelles et anticipe les suites potentielles.

Avant toute chirurgie, porter des bas de contention permet souvent de limiter l’évolution du problème. Si cela ne suffit plus, le recours à une opération s’impose. Il existe plusieurs techniques, choisies en fonction de chaque cas :

  • Le stripping, qui consiste à extraire la veine saphène concernée.
  • La phlébectomie : des petites incisions sont réalisées pour retirer les segments variqueux.
  • La sclérothérapie, qui bloque la veine à l’aide d’une injection.
  • L’ablation thermique (laser ou radiofréquence), qui détruit la veine par la chaleur.

Le choix dépend de l’aspect des veines, de leur état et de l’histoire médicale de chacun. L’arrivée de techniques mini-invasives et de l’ambulatoire a changé la donne : récupération beaucoup plus rapide, suites légères, éloignement de la peur qui entourait ce type d’intervention.

Laser, stripping, radiofréquence : quelles différences pour le patient ?

Entre stripping, ablation thermique (laser, radiofréquence) et phlébectomie, l’approche retenue détermine la suite. Le stripping consiste à retirer la veine saphène en totalité ou partiellement. Réalisée sous anesthésie générale ou locale profonde, cette technique exige souvent une brève hospitalisation et vise surtout les varices très volumineuses. En général, il faut attendre quelques jours avant de retrouver une marche aisée, mais on incite toujours à bouger tôt, sous surveillance.

Pour l’ablation thermique au laser ou à la radiofréquence, tout se fait en ambulatoire, sous anesthésie locale appelée tumescente. Le retour à domicile a lieu dans la journée, la reprise de la marche est rapide, les douleurs restent modérées et les risques d’ecchymoses ou de complication sont moindres. Désormais, c’est cette méthode qui domine en France, notamment pour ses suites allégées.

La phlébectomie complète souvent le geste, afin de retirer, via de minuscules points d’entrée, les veines résiduelles. Dans certains cas, on l’associe à la sclérothérapie quand persistent quelques ramifications superficielles.

Le choix repose toujours sur la discussion entre médecin vasculaire et patient : cartographie veineuse, mode de vie, attentes personnelles, tout est pris en compte. Grâce à la mini-invasion et à l’ambulatoire, la majorité des patients redécouvrent une convalescence assouplie : moins de douleurs, moins de blocages, reprise du quotidien bien plus vite qu’autrefois.

À quoi s’attendre après l’intervention ? Risques, douleurs et récupération expliqués

Dès le retour de la salle d’opération, une consigne prévaut : remettre les jambes en action. La marche douce limite le risque de thrombose veineuse profonde et favorise la circulation sanguine. On rencontre souvent quelques suites, qu’il convient de préciser :

  • Ecchymoses visibles sur le trajet traité, dues au passage des instruments.
  • Légère œdème, persistant parfois plusieurs jours.
  • Sensation de tiraillement ou de gêne sur la jambe opérée.

La douleur post-opératoire se révèle le plus souvent modérée, suffisamment calmée par du paracétamol ou un anti-inflammatoire. Les bas de contention prescrits, portés de 7 à 15 jours selon le type de geste, réduisent l’œdème et contribuent à effacer plus rapidement les ecchymoses. Le massage circulaire et un coussin orthopédique pour surélever la jambe optimisent encore le confort.

Les complications lourdes sont peu fréquentes. Certains signaux doivent toutefois alerter : douleur aiguë, gonflement soudain, rougeur marquée. Ces symptômes imposent une consultation en vue d’écarter une thrombose veineuse profonde ou une infection. Le temps de récupération dépend beaucoup du geste réalisé : plus court avec le laser ou la radiofréquence, nettement plus long après stripping. Quoiqu’il arrive, tout le processus de reprise de la marche et des gestes quotidiens respecte le rythme de chacun, sans précipitation.

Homme âgé marchant avec une canne dans un couloir d

Quand et comment reprendre la marche en toute sécurité après une opération des varices ?

Rapidement après l’acte, l’équipe soignante encourage alors à remettre un pied devant l’autre. Cette mobilisation précoce limite le risque de thrombose veineuse profonde et active la circulation. La reprise ne s’improvise pas du jour au lendemain : elle se structure par étapes.

  • D’abord, marcher un peu chez soi, sur de petits trajets.
  • Puis s’essayer dehors, sans viser trop de distance au départ.

Durant les sept premiers jours, il vaut mieux fractionner chaque effort. Marcher cinq à dix minutes, plusieurs fois, suffit à stimuler le retour sanguin sans fragiliser la zone opérée.

Les bas de contention sont à porter scrupuleusement, chaque déplacement s’effectuant avec leur soutien pour limiter l’œdème et encourager la cicatrisation. Des chaussures stables, bien ajustées, réduisent par ailleurs tout risque de faux pas. Ici, c’est la constance qui compte, bien plus que la performance.

Certains gestes simples facilitent la reprise :

  • Surélever les jambes aussi souvent que possible en position assise ou allongée.
  • Faire bouger les chevilles régulièrement, même en étant immobile.
  • Limiter les stations prolongées, debout et sans activité.

En cas de douleur vive, de gonflement soudain, ou de rougeur qui s’installe, il convient de contacter rapidement un professionnel de santé. Même si la plupart des interventions se déroulent bien, le respect des consignes reste la clé d’un rétablissement sûr. Le retour à la marche après une opération des varices ne tient pas du sprint, mais d’un engagement patient : retrouver chaque jour un peu plus de liberté de mouvement, et, finalement, la sensation de marcher l’esprit léger.