Programme Bien-être au travail 2010-2015 : cinq ans d’un riche travail multipartenarial

BILAN PROGRAMME BIEN ETRE TRAVAIL NPC 2010 2015

L’objectif que s’étaient fixé les partenaires du programme régional Bien-être au travail 2010-2015 d’aider les petites entreprises à engager leur démarche de santé au travail a été atteint. Formation, information du public, diffusion des connaissances… l’Institut de santé au travail du nord de la France (ISTNF) a dressé le bilan des cinq objectifs du projet lors du dernier Congrès national de médecine et santé au travail le 23 juin 2016 à Paris.

Le succès le plus flagrant de l’innovant programme Bien-être au travail, souligne Thierry Brechon, son responsable au sein de l’ISTNF, réside dans la réalisation de son premier objectif : l’accompagnement de 10000 très petites entreprises dans leurs démarches de prévention en hygiène, sécurité et conditions de travail. Les TPE sont en effet peu outillées en santé au travail alors qu’elles ont les mêmes devoirs que toutes les autres. Dans une toute petite structure, ces démarches peuvent sembler chronophages ou compliquées à mettre en œuvre… Les services de santé au travail du Nord-Pas-de-Calais (tous ont participé) ont donc contacté toutes les nouvelles TPE inscrites ainsi que toutes les TPE de certaines branches : BTP, coiffure, restauration, menuiserie, commerce, etc.

10000 TPE contactées

Comme prévu, 10000 TPE ont été contactées et se sont vues proposer un accompagnement. Quelque 4300 d’entre elles ont effectivement été accompagnées dans l’évaluation de leurs risques professionnels et la rédaction de leur document unique. Leur niveau d’information sur les risques, les obligations des entreprises et leurs interlocuteurs en santé-travail se sont également améliorées, et donc, plus globalement, leur « capacité à agir dans la réduction des risques », ajoute Thierry Brechon. « Ce projet a démontré que si on approche les TPE de manière qualitative, on peut les amener à aller dans une démarche de prévention », poursuit-il. Aussi, les services de santé-travail (SST), qui sont allés au-devant des entrepreneurs grâce à ce programme, ont ainsi amélioré leur connaissance des problématiques de santé et bien-être au travail dans ces petites entreprises en général et dans celles des branches ciblées en particulier, ce qui permet, indique le responsable du projet, d’infirmer ou de confirmer les priorités de prévention.

Cette compilation d’informations a abouti à la création d’une application en ligne d’aide à l’évaluation des risques (délivrée par les services de santé-travail). Elle est destinée aux employeurs qui préparent la rédaction de leur document unique –dans un premier temps ceux qui ont été accompagnés dans le cadre du projet. Comme elle peut être téléchargée sur tablette, elle peut être emportée partout dans l’entreprise, au plus près des activités et des risques, sur les chantiers, dans les entrepôts, les ateliers, etc. Elle est utilisable également par les SST dans la rédaction de leurs « fiches entreprises ».

Une dynamique forte

Au-delà de ce mouvement de rapprochement entre les TPE et les SST, avec une amélioration des démarches de prévention des risques dans ces entreprises, ce programme insufflé au départ par le Conseil régional, a également donné naissance à une « dynamique institutionnelle et opérationnelle » intense et constante durant toute sa durée, souligne Thierry Brechon. Les liens entre tous les partenaires (institutions et opérateurs) de cet objectif se sont approfondis et nombreux sont ceux qui souhaitent voir leur collaboration se poursuivre au-delà du projet initial. Ils souhaitent notamment suivre des cohortes d’entreprises afin d’étudier les effets à moyen et long termes ainsi que le retour économique de l’accompagnement mené par les SST en prévention des risques.

Second objectif du programme, le projet multipartenarial de plateforme régionale de formation en santé au travail  (Forest) a bien avancé. L’amélioration de la formation des professionnel de la santé au travail va aussi pouvoir s’étoffer puisque le projet de licence formalisant le métier d’assistant en santé au travail démarre à la rentrée 2016 à l’université de Lille 2. Sur le plan des échanges et de la diffusion des savoirs et des compétences, les journées d’études « Septentrionales », qui se tiennent jusqu’au 1er juillet à Lille et Oignies, sont devenues le point de rencontre des acteurs de la santé au travail de la grande région.

Plateforme téléphonique

La plateforme téléphonique Santé emploi info service (SEIS), qui existait auparavant mais dont le programme a permis de doubler la plage d’écoute, a vu son activité s’accroître chaque année : le nombre de bénéficiaires est passé de 416 en 2013 à 722 en 2014, pour atteindre 873 fin 2015. Depuis l'ouverture du service en 2006, les écoutants ont reçu plus de 10 000 demandes et réalisé près de 7 000 orientations. SEIS continuera de répondre aux habitants du Nord et du Pas-de-Calais qui s’interrogent sur une problématique de travail du fait de leur état de santé, dans l'attente d'une éventuelle extension en Picardie.

Le quatrième objectif n’a pas connu le même degré de réalisation. Le projet de télémédecine pour les consultations spécialisées de pathologies professionnelles, dont l’offre était concentrée au CHRU de Lille, n’a pas pu aboutir, note Thierry Brechon. Une consultation complète a cependant pu ouvrir à l’automne 2015 au centre hospitalier de Valenciennes.

Indicateurs régionaux

Quant au projet national de recueil de la perception de leur état de santé et de leurs conditions de travail par les salariés et les entreprises (dispositif Evrest), il s’est poursuivi dans la région. « La participation à l’enquête a augmenté », indique le responsable du programme, avec 1048 salariés suivis en cohorte et 5262 salariés en étude d'entreprises concernées en 2014. Une enquête ciblée a aussi été menée, sur le travail dans les « drives » par exemple. Le nombre de médecins impliqués dans l’enquête sur les inaptitudes est aussi passé de 157 en 2010 à 257 en 2014. Ces enquêtes ont permis de réunir de précieuses informations sur les indicateurs de santé au travail. Elles enrichissent les travaux en cours sur le grand chantier du moment, le troisième plan régional sur la santé au travail.

G. L.

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