1500 enfants du Bruaysis tentent le défi « 10 jours sans écran »

défi 10 jours sans écran

Plusieurs centaines d'élèves de Bruay-la Buissière et des environs participent à partir du 25 avril 2016 au défi « 10 jours sans écran » lancé par la Maison intercommunale de prévention et de promotion de la santé (Mipps) du Bruaysis. Une première destinée à interpeller aussi les adultes, parents et professionnels, sur la place prise par les écrans et ses conséquences sur la santé et le développement des enfants.

Lundi 25 avril, 1500 élèves de CE2 et de sixième de 26 écoles et 10 collèges du Bruaysis vont recevoir un « passeport » dans lequel ils pourront inscrire chaque matin, pendant 10 jours, leur « score de résistance aux écrans » de la veille. Pour chaque jour sans écran, ils gagneront deux points. Les jours où ils auront moins utilisé des écrans ils auront un point et aucun les jours où ils auront regardé la télévision, joué sur une tablette, surfé sur un ordinateur ou envoyé des textos comme d'habitude. Pendant ces 10 jours, des activités gratuites et très variées, à faire entre copains ou en famille, sont proposées après l'école, le mercredi après-midi, le samedi et le dimanche : chant, piscine, tir-à-l'arc, jeux de société, top-chef « goûter », danse, balade photo, création de bijoux, stop motion... Histoire de montrer que d'autres activités sont possibles, amusantes ou gratifiantes, et pas forcément compliquées à mettre en œuvre.

Activités de subsitution

« Nous avions constaté il y a un an dans le cadre de notre programme CléSanté sur le sommeil des élèves en CE1 que 80% disaient avoir une télévision dans leur chambre, raconte Delphine Parent, directrice de la Mipps. Les infirmières scolaires constataient un manque de sommeil et les enseignants un défaut de concentration. » Des assistantes maternelles témoignaient aussi de bébés de un à trois ans qui arrivaient chez elles tablette en main tandis que des parents constataient que la télévision était beaucoup allumée chez certaines d'entre elles...

Le collectif Prévention et prise en charge des addictions, auquel participe la Mipps, a lancé une enquête auprès élèves CE2 et de sixième sur leur usage écrans au quotidien dans 26 des 52 écoles et 10 des 11 collèges du collèges, soit 1503 élèves. Elle a certes montré, plus pour les plus jeunes mais aussi pour les plus âgés, que les parents limitent souvent le temps d'utilisation des écrans et que les enfants ont aussi d'autres activités (sportives, familiales, sociales ou culturelles). Mais plus de 60% des CE2 ont une télévision dans leur chambre, 47% une tablette, 43% une console de jeu et 30% ont un téléphone portable. Ils sont nombreux à regarder la télévision matin, midi et soir. Des chiffres plus élevés, naturellement, pour les élèves de sixième, qui sont plus nombreux à disposer d'un ordinateur personnel.

Une tablette dès un an ?

« Cela nous a confortés dans notre volonté de mettre en place ce défi », poursuit Delphine Parent. La démarche de la Mipps vise à faire prendre conscience aux enfants, aux parents et aux autres adultes qui gravitent autour des enfants de l'importance que peuvent prendre les écrans dans le quotidien de chacun et qui n'est pas sans effet sur l'activité physique, sur la concentration, le comportement, la mémorisation, le sommeil, etc. Il s'agit aussi de susciter l'envie de remplacer l'attraction des écrans par d'autres activités, plus sociales, physiques ou créatives. Avec à la clé la volonté de prévenir l'isolement, la sédentarité et les addictions.

Cette opération s'inspire très largement des défis que mène depuis plusieurs années l'association Enfance-télé : danger ? à Wimereux et dans d'autres villes en France. Ils se basent sur plusieurs idées-clé : « il ne s'agit pas de priver ni de contraindre », explique Janine Busson, présidente fondatrice de l'association, mais de donner des clés pour avoir une « gestion optimale des écrans » (lire ci-dessous). Son action vise à encourager les adultes à contrôler le contenu de ce que regardent les enfants (ou ce à quoi ils jouent) et à limiter le temps durant lequel ils utilisent des écrans, une heure par semaine et par année d'âge, recommande-t-elle, citant le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Les adultes savent souvent ce qu'il faut faire mais le formuler les aide à s'y atteler, explique Janine Busson... Parmi les enfants, l'émulation suscitée par la forme du défi joue selon elle à plein dans les classes et porte d'autant plus ses fruits s'il est renouvelé.

Auberge espagnole

Dans un premier temps, des conférences animées par Janine Busson sur la place des écrans au quotidien ont été proposées, en novembre à Barlin, aux professionnels, au grand public, aux assistantes maternelles et aux parents. Elles ont réuni quelque 150 personnes. Ensuite, la maison de la prévention a préparé le défi. Les documents distribués aux enfants, aux parents et aux enseignants s'inspirent de ceux que propose l'association Enfance-télé : danger ? Les membres de l'équipe de la Mipps ont rencontré les enseignants, leur ont présenté la démarche et distribué les passeports, les guides pour les familles, les affiches, les programmes d'activités et autres dépliants.

Ce vendredi 22, en « pré-défi », les parents et les ados de plus de 12 ans sont invités à visionner Chatroom, un film sur l'impact des réseaux sociaux, et à débattre ensuite. Et à la fin des dix jours, une grande soirée jeux de société et auberge espagnole est organisée. Avant l'évaluation finale de l'opération, à partir des passeports remplis par les enfants et d'un questionnaire sur le ressenti des enfants : difficulté à se passer des écrans, effets observés sur le sommeil, appréciation des activités proposés, etc.

Géraldine Langlois

Les conseils de Enfants-télé : danger ?

Outre la limitation du temps d'exposition aux écrans (environ une heure par semaine et par année d'âge), l'association propose des astuces pour accompagner les enfants dans leur rapport aux écrans :

  • Regarder avec les enfants (choisir pour les plus petits et expliquer ce qui fait peur)

  • Les éduquer au choix des programmes, des jeux

  • Eduquer au jugement

  • Développer leur esprit critique et l'expression de leurs émotions

  • Rendre les enfants responsables du temps passé devant les écrans

  • Donner des limites (zapping) et montrer l'exemple

  • Rendre l'enfant acteur de sa vie (choix d'autres activités récréatives)

  • Ne pas rester muet face à des images choquantes

  • Expliquer que les limites que l'on pose ne sont pas faites pour punir mais parce qu'on pense que ce n'est pas bon pour l'enfant.

Sources utiles
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