Déjà un parcours éducatif de santé dans l'académie de Lille

PARCOURS EDUCATIF DE SANTE

Quelque 2700 élèves de la maternelle au lycée sont concernés par un projet de parcours éducatif de santé sur l'obésité mené par le rectorat de Lille depuis septembre 2015 en partenariat avec l'ARS sur cinq territoires. Un projet qui préfigure les parcours préconisés par la nouvelle loi de santé.

L'académie de Lille expérimente depuis la rentrée 2015-2016 un parcours éducatif de santé sur la prévention de l'obésité, intitulé « Manger bouger », en amont de ceux instaurés par par l'article 3 de la loi de modernisation du sytème de santé. « En tant que personnels de santé de l'Education nationale, nous étions en attente de ce parcours éducatif sur la santé qui concerne tous les intervenants » et permet d'aborder une thématique à chaque âge du parcours scolaire, « de la grande section au lycée », souligne Muriel Dehay, infirmière conseillère technique auprès du recteur.

La loi prévoit en effet que l'éducation à la santé soit « intégrée à l'enseignement », souligne l'infirmière conseillère, et ne soit plus constituée d'une somme d'actions plus ou moins ponctuelles. « Elle est reprise dans le programme, ce qui lui donne du sens », apprécie-t-elle. Les parcours permettent aussi de travailler les thématiques selon une progression, en adaptant les messages à l'âge des élèves et en développant leurs compétences psycho-sociales, poursuit Muriel Dehay. La prévention entre aussi dans ce cadre, avec une attention particulière aux problématiques de territoire plutôt qu'un centrage sur l'établissement. Une circulaire parue au Bulletin officiel du 28 janvier 2016 développe les tenants et aboutissants des parcours éducatifs de santé.

Parcours sur l'obésité

L'académie de Lille et l'ARS (du Nord-Pas-de-Calais, en 2015) ont donc pris les devants puisque la loi n'a été adoptée le 17 décembre 205 (lire notre article « Loi de santé : place à la prévention ! » ). A partir d'un diagnostic territorial de santé, ils ont déterminé deux thèmes prioritaires : l'obésité et la vaccination.

Le projet de parcours éducatif de santé expérimenté cette année concerne le premier thème. Il se déploie sur cinq territoires : Lille, Valenciennes, Cambrai, Lens-Hénin-Lévin et Calais-Saint Omer. Dans chaque territoire, il concerne six écoles maternelles, six écoles primaires, trois collèges et trois lycées, soit au total 2700 élèves.

Des acteurs associatifs extérieurs ont été sollicités : l'association Les sens du goût a réalisé un projet de « classe du goût » avec des enseignants, l'association Apresal a mené des actions en maternelle sur l'alimentation et l'activité physique, la Banque alimentaire s'est rendue avec sa cuisine mobile dans les lycées... « Les acteurs ont réalisé des outils, en lien avec les programmes, qui ont été validés par l'ARS et l'Education nationale », indique l'infirmière conseillère. Et les enseignants ont travaillé les thèmes des actions en amont et en aval des interventions des partenaires.

Intégré aux programmes

Le projet se met en route mais les parents seront de plus en plus associés, ajoute Muriel Dehay. Il est prévu de les inviter au sein du comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté, (CESC) dont les projets éducatifs de santé deviennent l'un des axes d'action, et de les associer aux événements de restitution ou d'information comme les classes du goût, les forums santé ou les expositions issues des travaux des élèves sur les thèmes de santé abordés.

Ce parcours sera évalué à la fin de l'année dans chaque territoire. Et le rectorat planche sur d'autres projets de parcours éducatifs de santé, sur l'éducation à la sexualité, par exemple. Pour toutes les thématiques, les besoins de formation des enseignants seront également évalués.

Géraldine Langlois

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